Assurance vie en cas de décès : ce qu’il faut savoir

Le dénouement du contrat d’assurance vie intervient dans deux situations : en cas de vie ou en cas de décès. En cas de vie, vous profitez de votre épargne pour financer vos projets, mais en cas de décès, votre épargne est versée à vos bénéficiaires désignés au contrat. Cette deuxième situation entraîne davantage d’effets juridiques, avec des démarches et vérifications souvent plus complexes. Voici ce qu’il faut savoir pour comprendre comment fonctionne l’assurance vie en cas de décès, et comment sécuriser la transmission de votre patrimoine.

Assurance vie en cas de décès

Sommaire

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Comment fonctionne une assurance vie en cas de décès ?

L’assurance vie permet de transmettre hors droits de succession

En cas de décès, l’assurance vie n’entre pas dans votre succession et permet à vos bénéficiaires de recevoir le capital décès hors droits de succession, sous certaines conditions. Si les versements ont été effectués avant vos 70 ans, les capitaux sont exonérés de droits de succession. L’intérêt est de pouvoir :

  • assurer la sécurité financière de vos proches avec une épargne défiscalisée.
  • transmettre à votre conjoint ou à un héritier plus que ce que les règles successorales permettent.
  • gratifier un tiers (dans le cadre d’une succession, il devrait payer de lourds droits).

 

Les capitaux décès correspondant aux primes versées après 70 ans sont toutefois soumis aux droits de succession (selon le degré de parenté), au-delà de 30 500 euros de primes (hors intérêts).

La clause bénéficiaire en cas de décès

Au décès de l’adhérent, la clause bénéficiaire entre en application. Par défaut, la plupart des contrats prévoient une clause standard qui désigne le capital au conjoint ou au partenaire PACS, puis aux enfants, et à défaut, aux héritiers.

Cependant, il est essentiel de rédiger vous-même la clause bénéficiaire pour qu’elle reflète vos volontés. Voici quelques points de vigilance :

  • Votre conjoint 
    Ne le désignez pas par son nom mais par sa qualité : « Mon conjoint non séparé de corps, non engagé dans une procédure de divorce ou de séparation de corps ». En cas de divorce suivi de remariage, votre premier conjoint désigné par son nom percevrait votre capital !
     
  • Vos bénéficiaires non-héritiers 
    A l’inverse, désignez vos amis ou relations très précisément : prénom, nom, date et lieu de naissance, adresse… Evitez les termes vagues comme « mon voisin » : 
    > votre voisin peut déménager et laisser place à un autre ; 
    > si vous avez plusieurs voisins, celui auquel vous pensiez ne pourra être identifié.
     
  • Les bénéficiaires de second rang 
    Désignez des bénéficiaires de second rang. Si ceux du premier rang sont déjà décédés au moment de votre décès, le capital sera transmis aux bénéficiaires de second rang.
     
  • Les héritiers 
    Concluez votre clause bénéficiaire par « à défaut, mes héritiers », pour éviter que votre contrat ne tombe en déshérence si aucun bénéficiaire n’est en vie au dénouement du contrat.

Les contrats en déshérence

Un contrat devient dit en déshérence lorsqu'il n'a pas été réclamé ou versé aux bénéficiaires plus d’un an après le décès de l’adhérent ou le terme du contrat. Plusieurs raisons peuvent expliquer cela : 

  • L’assureur ne retrouve pas les bénéficiaires, notamment si la clause bénéficiaire est imprécise.
  • L’assureur n’est pas informé du décès et aucun bénéficiaire ne se manifeste.

 

Divers évènements peuvent expliquer cette situation : déménagement, mariage, divorce, clause bénéficiaire imprécise…
Pour réduire le nombre des contrats en déshérence, le législateur a renforcé ces dernières années le devoir d’information des assureurs et leur obligation de recherche des bénéficiaires (Lois Eckert et Sapin 2).

Vous pensez être bénéficiaire d’une assurance vie ? 
Vous pouvez contacter l’AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance)

 

Les bénéficiaires de l’assurance vie en cas de décès

La liberté de l’adhérent de désigner ses bénéficiaires

L’adhérent peut désigner librement un ou plusieurs bénéficiaires pour percevoir son capital en cas de décès, qu’ils soient issus de son cercle familial ou non. 

Vous pouvez désigner des : 

  • héritiers proches ou éloignés
  • amis ou relations
  • personnes morales (associations, fondations...)


Quels sont les bénéficiaires interdits ?

Certaines personnes sont interdites de désignation en tant que bénéficiaires d'une assurance vie pour éviter les conflits d'intérêts ou l'influence extérieure :

  • les membres des professions médicales ayant assisté l’adhérent durant la maladie qui a conduit à son décès
  • les mandataires judiciaires
  • les ministres d’un culte


Quelles démarches effectuer en cas de décès de l’adhérent ?

Notification du décès à la compagnie d'assurance

 

Différentes situations peuvent se présenter selon que vous ayez informé ou non votre bénéficiaire :

  • Si le bénéficiaire a été informé de sa désignation, il doit contacter directement l’assureur
  • Si le bénéficiaire n’a pas été informé, l’assureur doit rechercher activement le bénéficiaire après avoir été informé du décès
  • Si la clause bénéficiaire est déposée chez le notaire, ce dernier doit informer l’assureur

 

Présentation des pièces justificatives 

Les pièces justificatives demandées par l’assureur varient selon les compagnies, mais incluent généralement :

  • l’acte de décès,
  • pièce d’identité du bénéficiaire,
  • certificat d’hérédité, acte de notoriété (selon la situation),
  • lettre d'acceptation du bénéfice de l'assurance vie.

 

Vérification des informations et de la validité du contrat

Avant de procéder au versement, l’assureur vérifie la validité du contrat, l’identité des bénéficiaires, et la conformité des pièces justificatives. Ce processus peut prendre du temps si des informations manquent ou en cas de litige entre bénéficiaires.

 

Versement des capitaux décès aux bénéficiaires :

Une fois toutes les pièces nécessaires fournies, l’assureur doit verser les capitaux décès dans un délai de 1 mois. Si ce délai est dépassé, l’assureur devra verser des intérêts de retard à vos bénéficiaires.

 

Peut-on contester une assurance vie en cas de décès ?

Transmettre à qui vous voulez la somme que vous voulez : cette liberté peut se trouver limitée.

 

Contestation par les héritiers

Bien que vous ayez la liberté de désigner vos bénéficiaires, cette liberté peut être limitée :

  • Si la somme versée porte atteinte à la réserve héréditaire, c’est-à-dire la part du patrimoine devant obligatoirement revenir aux enfants ou au conjoint.
  • Si vous avez désigné un bénéficiaire alors que votre volonté était altérée au moment de la signature.
  • Si les primes versées sont considérées comme manifestement exagérées par rapport à vos revenus et patrimoine, ce qui pourrait entraîner une contestation.

 

L’assurance vie en cas de décès est un excellent moyen de transmettre votre patrimoine en dehors du cadre des droits de succession, tout en garantissant à vos proches une sécurité financière. Toutefois, pour que ce processus se déroule sans encombre, il est essentiel de rédiger soigneusement la clause bénéficiaire, de respecter la fiscalité applicable, et de comprendre les démarches en cas de décès. Il est recommandé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour optimiser la transmission et éviter toute complication.

 

Contestation par l’administration fiscale

Votre contrat peut être également contesté par l’administration fiscale, si elle considère que vous cherchiez en fait à faire échapper votre patrimoine aux droits de succession (donation indirecte).
 

Le règlement de l’assurance vie en cas de décès

Que rapporte une assurance vie en cas de décès ?

Votre bénéficiaire perçoit une somme représentant vos versements effectués sur votre contrat :

  • augmentés des intérêts produits (participation aux bénéfices du fonds euros, plus-values des unités de compte), ou diminués des moins-values… selon les supports financiers composant le contrat,
  • moins les frais de gestion,
  • moins vos éventuels retraits effectués de votre vivant pour vos besoins.

 

Quelles sont les modalités de versement ?

Une fois les formalités accomplies et les pièces justificatives réunies, l’assureur transmet les sommes à vos bénéficiaires. Ils pourront au choix réinvestir le capital dans un contrat d’assurance vie, le percevoir intégralement en une seule fois ou via une rente viagère.

Impact fiscal du règlement de l’assurance vie en cas de décès

Pour ne prendre que l’exemple des contrats souscrit à partir du 20/11/1991, l’exonération fiscale sur les sommes transmises est :

  • totale pour votre conjoint marié ou pacsé (et sous conditions, pour vos frères et sœurs).
  • partielle pour tous vos autres bénéficiaires (enfants, petits-enfants, tiers…) :
    - jusqu’à 152 500 € pour vos versements effectués avant 70 ans.
    - jusqu’à 30 500 € pour vos versements effectués après 70 ans.


Situations particulières en cas de décès

Décès simultané de l’adhérent et du bénéficiaire

Certains évènements (accident, incendie) peuvent entraîner le décès simultané de l’adhérent et du bénéficiaire. Le contrat devient alors sans bénéficiaire déterminé et le capital décès revient dans la succession de l’adhérent.

Décès sans bénéficiaire désigné

Au moment du décès, si on ne trouve aucun bénéficiaire désigné, les capitaux du contrat réintègrent l’actif successoral de l’adhérent. Ils sont alors soumis aux droits de succession. 

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